Newsletter #5 — Christophe Gleizes, ou le stoïcisme à l’épreuve du réel

Janvier 2026. Vivre le stoïcisme aujourd’hui. Numéro 5

Une fois par mois, cette newsletter vous offre du contenu inédit : des exercices pratiques, des réflexions contemporaines et un tour d’horizon de l’actualité du stoïcisme. Je la propose dans un format semi-payant : si vous voulez la lire en intégralité, vous pouvez devenir membre Premium du site ici. Cela me soutient directement dans mon travail et mes projets autour du stoïcisme. Merci à vous 🙂

🪶 Édito

Une nouvelle année commence, avec son lot de bilans, de résolutions et de promesses qu’on se fait à soi-même. Mais le stoïcisme nous rappelle quelque chose d’assez peu compatible avec l’esprit du 1er janvier : ce qui compte vraiment ne se mesure ni en objectifs atteints, ni en projections optimistes, mais dans la manière dont on traverse ce qui arrive, surtout quand cela ne dépend pas de nous. Alors, pour cette année qui s’ouvre, je vous souhaite moins de contrôle illusoire et plus de lucidité, moins d’attentes et davantage de justesse dans vos jugements. Autrement dit : une année vécue debout, quoi qu’elle apporte. Et avec elle, la joie de vivre selon un caractère bien disposé.

Ce numéro s’ouvre sur une figure qui incarne cette exigence : Christophe Gleizes, journaliste français emprisonné en Algérie. Face à une situation profondément injuste, il ne revendique pas un stoïcisme de façade ; il le vit. Lire, enseigner, rester droit quand tout pousse à l’effondrement. Ici, le stoïcisme cesse d’être une philosophie « utile » pour devenir ce qu’il a toujours été : une discipline de l’âme mise à l’épreuve du réel. Reporters sans frontières a mis en place une pétition pour sa libération, que je vous invite à signer.

Autour de cette une, ce numéro poursuit un fil cohérent : distinguer le stoïcisme vivant de ses caricatures. Qu’il s’agisse de la critique du pop stoicism, de la récupération algorithmique du mot « stoïcisme » sur YouTube, de la réponse stoïcienne à l’injustice ou encore du retour à Sénèque — en librairie, à la radio ou sur scène — une même question revient : que reste-t-il du stoïcisme quand on le débarrasse de ses caricatures ?

Au sommaire

⛓️ À la Une : le stoïcisme de Christophe Gleizes, un journaliste français emprisonné en Algérie

Dans un entretien accordé à Philosophie magazine, l’avocat Emmanuel Daoud raconte l’attitude pleinement stoïcienne de son client, le journaliste sportif Christophe Gleizes, dont la peine de sept ans de prison vient d’être confirmée en Algérie (alors que tout semblait indiqué qu’il serait libéré). Loin d’être abattu, Gleizes fait preuve d’une solidité rare. La première phrase qu’il adresse à son avocat après le verdict est une pensée de Marc Aurèle : « Le bonheur de votre vie dépend de la qualité de vos pensées. » Une maxime qu’il ne récite pas, mais qu’il met en pratique pour rester maître de lui-même au cœur d’une situation radicalement injuste.

Appuyé sur les principes stoïciens, Gleizes s’efforce de distinguer ce qui dépend de lui de ce qui ne dépend pas, et de transformer l’épreuve en travail intérieur. Il cite aussi Sénèque : « Le feu éprouve l’or. L’épreuve éprouve les âmes fortes. » En prison, il lit, enseigne, nourrit les pigeons, regarde le ciel — autant de gestes discrets qui traduisent une résistance sans éclat mais sans effondrement. Je vous invite à lire l’intégralité de l’entretien en libre accès sur le site de Philosophie Magazine

Je découvre l’entretien

🌍 Pratique : méditez sur l’interdépendance des choses

« Songe souvent à la liaison de toutes les choses dans le monde et à leur rapport les unes avec les autres. Car toutes les choses sont en quelque sorte entrelacées entre elles et, par-là, toutes sont amies les unes des autres ; car l’une est la suite de l’autre, ce qui a lieu grâce au mouvement de tension, à l’accord et à l’unité de la substance. » 

Marc Aurèle, Pensées, VI, 38

Ce qui affecte une partie affecte les autres car tout est interdépendant dans un seul et même monde. C’est une loi fondamentale de la Nature que les stoïciens appellent la « sympathie universelle ». Par exemple, si l’on touche les cordes d’une lyre, les autres cordes vibrent aussi ; quand des arbres grandissent les uns à côté des autres, ils s’adaptent pour faire en sorte que leurs branches et feuillages ne se touchent jamais ; quand la lune s’approche ou s’éloigne de la Terre, la mer connaît des flux et des reflux. 

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